Présenté par W Live (L-D-21-489 (L2) et L-D-21-490 (L3)).
THÉA s’installe en figure de proue d’un élan générationnel aussi désinvolte qu’insolent où les « kidz fucked up » deviennenent les « new h4rdr0ck3rs » incarnant un nouveau phénomène qui retourne tout sur son passage. THÉA ne fait pas l’économie de ses blessures d’antan. Sûrement pour ne jamais oublier qu’il a parfois été difficile de se libérer du joug du regard des autres et de la stigmatisation constante. Celle qui blesse, mais qui lui a donc permis de composer ses chansons qu’elle qualifie de « magasins de larmes » comme elle l’a exprimé dans un ancien titre. THÉA cherche toujours la poésie dans le territoire de la bizarrerie et dans l’énergie imprévisible des concerts. Où les corps deviennent alors une arme politique d’émancipation et de liberté. Comme la fête dès lors qu’elle est une manière de créer un nouvel espace qui n’existe pas dans la norme sociale. THÉA construit son parcours avec le souvenir chevillé au corps de ce premier concert improvisé dans un squat de Montreuil au sortir du confinement. Un geste d’agit prop’ et de survie. Désormais elle dit se sentir « trop belle sur scène », avec le plaisir infini de l’interaction nourri à cette fondation de l’intersectionnalité. Pour elle, la musique n’a pas la fonction de réparer, bien au contraire : « la musique n’est pas une « safe place ». C’est à l’inverse un endroit de catharsis, et de douleurs confondues ». La musique comme vecteur idéal pour poursuivre son intranquillité et ce désir ardent et fiévreux de mise en danger perpétuelle. Écrire des sentiments et des fureurs qui lui font peur. Cette vie d’une femme en cavale est décidément remplie de rêves aussi dangereux que salvateurs. © Didier Varrod